vendredi 24 avril 2009

Réflexions sur la culture du changement: pour une analyse des constantes dans les règles de l’évolution.

Durant cinq ans à l’université, j’ai appris plus ce qu’un savoir académique,j'ai appris à vivre et à voir le monde autrement, à oser le changement et la remise en question des anciennes certitudes forcées, et qui résistaient par crainte de perdre les repères. Certes les premières règles que j’ai assimilées en science politique, je les ai appliquées dans mes dissertations, mes recherches, et mes lectures ; mais, il a fallu vivre des expériences difficiles pour repenser mon histoire. Dans un parcours de vie sociale on est amené à connaître des personnes intéressantes et d’autres errantes dans la vie, conditionnées ou encerclées par leurs déterminismes de base; il faut toujours garder son esprit critique éveillé. Il a fallu regretter un temps « perdu » dans une soirée, dans une discussion ou un séjour, pour pouvoir tirer des leçons de ces histoires.
J’ai appris à m’adapter, comme un homo sapiens qui ne pouvait survivre à la sélection naturelle sans résister. J’ai compris que, le courage et l’ambition ne sont pas des qualités distinctives, mais, des conditions sine qua non de survie dans un monde social où la Raison n’a fait qu’adoucir les formes des luttes permanentes dans le macrocosme social . Par une interconnexion entre le savoir académique, et les expériences de vie sociale (où la connaissance livresque se révèle plus qu’importante pour observer, analyser, et détenir l’aptitude et la flexibilité nécessaires pour se remettre en cause), j’ai constaté que, la planification rationnelle, nous éclaire le chemin vers la réalisation de nos projets,mais ,quand les paramètres changent ; la structure du projet initiale doit changer
L'ubiquité est subie dans un premier temps, mais rationalisée dans un second temps. Le temps qui s’écoule entre les deux phases est celui d’une acculturation ; où nous « acceptons » l’idée du changement comme condition de survie. Je ne prône en aucun cas une planification des nos actions, où les choix sont libres de toutes contraintes de l’interdépendance, au contraire, je voudrais expliciter que, la construction des projets de vie est un acte qui laisse paraître le caractère rationnel d’une pensée, et que, l’introduction des nouveaux paramètres des nouvelles conjonctures, et des nouvelles données, renforce l’aspect rationnel. Seuls ceux qui peuvent se livrer à cet exercice, pourront surmonter les contradictions, et répondre aux critères de la sélection.
La volonté de maîtriser cet arbitraire, et d’institutionnaliser les solutions et les réponses aux problèmes qu’il pose, renvoie au concept de la justice, et de la morale dans la « pensée humaine». Les civilisations ont essayé soit de justifier et codifier l’aspect aléatoire des luttes,(de l’homme contre la nature, ou des rapports de force dans nos sociétés) de les réguler pour instaurer un ordre stable. Que ce que cela donne dans ma trajectoire personnelle ?

J’ai appris à voir dans les difficultés, des étapes qui ouvrent la voie vers une nouvelle idée, qui serait par la suite une partie intégrante de mes schémas de pensée, préparés pour des situations nouvelles. Le risque est mieux perçu, mieux vécu, et en l’occurrence mieux compris comme propriété intrinsèque de notre monde. Ce n’est plus le drame qui paralyse l’intelligence, c’est le stimulateur de la prudence et le chasseur de la pensée magique.
Comprendre en prenant ses distances ; constater sans fausser les faits, et les données par les perceptions socialement construites ; resteront toujours des objectifs à atteindre. Je méfie du confort des idées, je les mets à rude épreuve contre mon inertie. Ainsi, je peux survivre à la sélection, dans l’espoir de la maîtriser et la rendre plus équitable.


Nabil Nachet.

mardi 14 avril 2009

Sur la « contradiction » et le « paradoxe » dans le sens commun : Pour une analyse critique du mythe de la « cohérence »

Je voudrais donc, mettre au jour une réflexion sur la « cohérence » des actions, et des pensées telle qu’elle est conçue et comprise dans le sens commun. Le discrédit dont l'incohérence fait l’objet, sert souvent comme argument pour délégitimer, ou douter de la fiabilité des discours, ou des réflexions faites sur les évidences et les certitudes des agents sociaux. Ce qui est irrecevable, comme critique est qualifiée d'incohérent et de déviant.

L’analyse dans les sciences sociales doit être impartiale, et cohérente dans le sens où elle est fondée sur des règles et des méthodes scientifiques. Son objectif est dévoiler des mécanismes cachés, et de déconstruire les automatismes, qui réconfortent au lieu de produire des idées critiques. Admettre les contradictions et en connaître les fondements est un travail de distanciation, et d’objectivation de nos déterminismes.Justifier
Les actions des agents sociaux sont déterminées par l’arbitraire de l’irrationnel et le volontarisme rationnel. Et si la base du comportement qui se veut « cohérent », est constituée d’éléments contradictoires par essence, nous pouvons comprendre que, l’idéale cohérence telle qu’elle est ancrée dans notre imaginaire, est un mythe qui peut légitimer ou discréditer un discours (surtout lorsqu’il s’écarte des idées reçues).

Les pulsions de l’inconscient et les réflexions rationnelles sous contraintes (une contrainte peut être, une représentation du monde, une idéologie, une croyance religieuse… etc.) construisent le cheminement vers les décisions dites « libres ». Supposer que, les choix des individus, leurs actions, leurs motivations sont linéaires au fil du temps et planifiés selon un modèle rationnel, est une illusion. Il faut dissocier le discours conformiste de l’action et des motivations effectives. Le désir de s’identifier au dominant ; au modèle de la culture dite « légitime », peut changer les déclarations d’un individu sur ses pratiques culturelles par exemple.

Survivre aux contradictions, et ne pas les percevoir comme un élément « perturbateur » dans une pensée, est un travail dont Foucault et Lévi Strauss ont fait preuve d’excellence. Contribuer à la production des connaissances est un métier qui demande un effort « douloureux », où le confort des idées reçues, et des idéologies est remplacé par le « plaisir de désillusionner », et de comprendre les processus, et les phénomènes qui en résultent dans leur complexités sans craindre l’irrecevabilité de son travail pour un public large. Un sociologue n’a pas de compte à rendre à Monsieur Dupont le journaliste ;seuls ses pairs peuvent critiquer son œuvre.

Par Nabil Nachet.

NB: Ce texte n'est qu'une première version à améliorer,et à développer, je voulais vaincre mon inertie, et écrire ce que j'ai compris sur les contradictions dans la pensée et les actions des agents sociaux. Je serai amené à le rendre plus limpide sans détruire la complexité de l'idée. Faute de temps, et de concentration, je me contente de cette" introduction", dans l'espoir d'y revenir cet été.
N.N